Pourquoi ai-je une peau à moustique (et que faire ?)

La piqûre des moustiques est un vrai sujet de santé publique. Outre la démangeaison de la piqûre, ils peuvent être le vecteur de certaines maladies comme la dengue et le chikungunya chez le moustique tigre (Aedes albopictus) ou le paludisme chez les espèces de type anophèles. Avides du nectar des fleurs en temps normal, les femelles piquent une fois fécondées et juste avant de pondre, afin de compléter la maturation des œufs grâce aux protéines contenues dans notre hémoglobine ou dans celle des animaux

Comme chaque année à l’arrivée de l’été, votre corps est criblé de piqûres de moustiques. Comme chaque année, vous êtes (quasiment) la seule victime de ces raids nocturnes au sein de votre famille (qui doutera même de l’existence des assaillants et remettra en question votre santé mentale) ! Et comme chaque année, vous accusez votre peau, dont les moustiques seraient particulièrement friands. Mais il s’agit évidemment d’une idée reçue, et votre pauvre épiderme n’est pas le seul coupable. Loin de là.

Les moustiques repèrent le CO2  et vos odeurs

Si une étude menée par des chercheurs japonais et publiée en 2004 dans le Journal of Medical Entomology avance que certains groupes sanguins (le O, par exemple) seraient plus susceptibles que d’autres d’attirer les moustiques-tigres, il semblerait que le problème vienne plutôt du dioxyde de carbone et des odeurs que vous dégagez. “[Le moustique] ne détecte pas ces paramètres (sanguins, ndlr) qui n’émettent ni CO2 ni odeur – en effet, la teneur en sucres du sang ne vous fera pas sentir différemment”, expliquait ainsi l’entomologiste Jean-Baptiste Ferré à l’Obs en 2013.

En s’appuyant sur des capteurs neuronaux assez infaillibles, certaines espèces de moustiques repèrent en effet leurs proies en deux temps. Les dégagements de CO2, qui varient en fonction de la respiration et de la transpiration des individus (les femmes enceintes étant des cibles de choix) leur permettent tout d’abord de détecter les humains à distance.

À l’issue de cette première phase, les chasseurs s’approchent ensuite en odorama. C’est là que votre peau entre en jeu. Ou plutôt ce qu’elle abrite. Les parfums que nous émettons – notamment liés aux acides de notre sueur et aux différentes bactéries qui peuplent notre épiderme – font ainsi de nous des cibles plus ou moins privilégiées. Les moustiques ont l’odorat beaucoup plus aiguisé que le nôtre (ils peuvent repérer jusqu’à 150 odeurs humaines différentes) et savent parfaitement que nous avons tous une empreinte bactérienne unique. D’ailleurs, inutile de multiplier les douches, puisque la dite empreinte ne disparaît évidemment pas comme ça.

Pourquoi l’alcool et vos vêtements peuvent aussi jouer un rôle

Vous pouvez, en revanche, surveiller ce que vous consommez. Une autre étude japonaise de 2002 avance ainsi que les moustiques anophèles viseraient tout particulièrement les individus ayant bu de la bière. Parce qu’ils aiment, eux aussi, l’alcool ? Pas vraiment, selon Jean-Baptiste Ferré : “la consommation d’alcool engendre une respiration accélérée, donc dégage davantage de CO2, et peut faire transpirer, ce qui favorise les odeurs.”

Mais ce n’est pas tout. Après avoir renoncé à l’apéritif, il vous faudra aussi penser à porter des vêtements clairs. Selon le Professeur américain Jonathan Day, les moustiques ont en effet une très bonne vue et peuvent vous attaquer (ou non) en fonction de votre garde-robe : “Les gens habillés de couleurs sombres – noir, bleu marine ou rouge – sortent du lot”, expliquait-il ainsi à NBC News en 2011.

Attention, cela dit, parce que les moustiques sont en effet assez intelligents pour s’adapter au comportement de leurs victimes. En Afrique, certaines espèces ont ainsi changé leurs horaires de visite pour mener à bien leurs méfaits, comme le racontait Grégory l’Ambert (expert de l’entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen) à Sciences et Avenir en 2014 : “lorsque ces populations se sont mises à utiliser des moustiquaires imprégnées – redoutables pour les moustiques, on a constaté que les insectes se sont mis à venir piquer plus tôt, avant le coucher du soleil, au moment où les gens ne dorment pas encore et ne sont donc pas abrités sous les moustiquaires.” Bref, vous faites face à un ennemi de taille. Les prises anti-moustiques, les répulsifs et une grande vigilance sont donc encore vos meilleurs alliés cet été !

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On évite les aliments qui favorisent la transpiration © Shutterstock / bluedog studio

On boit beaucoup d’eau © Shutterstock / Monster e

On se pare d’huiles essentielles © Shutterstock / Tolikoff Photography

On teste les tisanes “anti-moustiques” © Getty Images/iStockphoto

On évite la bière © Getty Images

On s’entoure de plantes aux senteurs répulsives © Shutterstock / Funtay

On s’habille avec des couleurs claires © Shutterstock / Mockup Cloud

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